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Citoyen du Monde. Immigré clandestin dans les territoires intellectuels interdits. Traqueur de renommée des messages subliminaux les plus indétectables. Chasseur des programmes viraux redondants et convertisseur de la connerie humaine en matière première à la réflexion.

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Franc-maçonnerie

Mardi 15 juillet 2008

Article publié sur Agoravox ici


« Lieu propice pour ce Rassemblement Universel »
[1] selon Vassilos Patkas, Grand Maître de l’Ordre Maçonnique International « Delphi », la capitale Grecque vient d’accueillir du 20 au 23 juin 2008 le Deuxième Rassemblement Maçonnique International dans ce qui semble être de la part de la Franc-maçonnerie un retour aux sources, elle qui s’est toujours auto-identifiée comme « école philosophique oeuvrant pour le progrès de l’Humanité ». Elles seraient plus de 170 Obédiences Libérales et Adogmatiques, représentant 57 pays de tous les continents, à avoir participé à ce congrès, une nette évolution par rapport au Premier Rassemblement International de Strasbourg[2] qui s’est déroulé l’année dernière et avait rassemblé seulement 80 Obédiences. Deux rassemblements internationaux en deux années consécutives et un même slogan « Construire l’Europe, Construire le Monde », on aurait cru que la Franc-maçonnerie volait au secours d’une Europe meurtrie par le non irlandais au Traité de Lisbonne.

Ce qui est remarquable dans ces deux rassemblements, c’est que la Franc-maçonnerie semble avoir compris -trois siècles après la fondation de sa première loge dite « spéculative » en Angleterre- qu’elle devait s’investir plus dans la communication et s’offrir un peu d’ouverture médiatique, quitte à sacrifier son principe orgueilleux de « discrétion », euphémisme par lequel elle a toujours essayé d’atténuer son caractère secret qui demeure une intrigue Hitchcockienne nourrissant plus qu’une polémique et étouffant par ailleurs plus qu’une vérité. Ainsi, l’année dernière, son rassemblement de Strasbourg avait été assez couvert par la presse, les radios, et France 3. Et cette année, ce fut au tour de la chaîne qatarie Aljazeera de se frayer un chemin à travers le petit « trou » percé au millimètre prés dans la « muraille de silence » maçonnique, selon les termes de son envoyé spécial à Athènes, Chadi Al Ayoubi
[3].

 

« Ils sont venus ils sont tous là, dés qu’ils ont entendu ce cri, elle va mourir, la mamma… ». Oui, la mamma européenne peine un peu à retenir les cris de l’accouchement en forceps qu’elle devrait endurer après le non irlandais. Mais ne vous inquiétez pas, elle ne mourra pas, ou du moins pas pour le moment, parce qu’on en a encore besoin pour « construire le Monde ». L’Europe serait elle alors le laboratoire ou l’on va tester la future construction universelle d’une humanité rassemblée sous l’égide d’un seul Etat Mondial dans ce qui va apparaître pour les historiens du futur comme étant : « l’aboutissement logique de la dynamique de mondialisation et de révolutions éclatées un peu partout dans le monde vers les fins du 21ème siècle, au nom de philosophies universalistes et mondialistes qui ont fait comprendre à l’humanité que seul son union sous un seul pouvoir politique planétaire va lui permettre de continuer, tout en se soudant dans une seule communauté mondiale, à cultiver la différence de ses cultures et de ses pensées (ou plutôt de ce qui en restera) et à vivre en toute sécurité, à l’abri du terrorisme (bien sur), dans un monde désormais devenu (comme aléatoirement) sans frontières, et rendu plus susceptible à dépasser les malentendus qui ont longtemps nourri les conflits et les guerres pour s’unir dans un seul Etat » ? Un sublime scénario dont la prévisibilité le rend tellement probable, parce que tellement en continuité « logique » apparente avec l’actualité, qu’il ne cesserait d’être à la fois de plus en plus beau pour certains, et de plus en plus suspect pour d’autres.


Serait ce l’aboutissement futur concret de ce « nouveau mode de gouvernance mondiale » convoité par Jacques Chirac dans le discours de lancement de sa fondation ?
[4] Ou le « vivre ensemble » qu’avait défendu lors de ce rassemblement l’académicien et franc-maçon anglais Eddy Caekelberghs en appelant à défendre ce qu’il appelle les « valeurs universelles communes » ? Ou la « société civile sans frontière » que l’on construit en « généralisant l’apprentissage des valeurs démocratiques » et défendue, lors de cette même occasion, par M. Marilyn, académicienne française ? Ou encore « le mondialisme social » renforcé par le « mondialisme de l’éducation et de l’enseignement », seul « capable de vaincre les différences entre les membres de la société », et défendu par, D. Patrick, diplomate français ? On n’en sait rien pour l’instant. Tout ce que l’on peut comprendre en faisant abstraction des phraséologies et des idées de « Néo-lumières », c’est que les francs-maçons du monde entiers, et non seulement les européens, sont intéressés par la participation à la construction Européenne. On dirait une sorte de privilège selon lequel un citoyen non européen peut s’investir dans la construction européenne du moment qu’il est franc-maçon… De toute façon force est de constater que cette année a été un peu particulière au plan européen pour la franc-maçonnerie car elle a été, pour la première fois, officiellement valorisée à un haut niveau européen. En effet, une délégation composée de la Fédération française du Droit Humain, de la Grande Loge Féminine de France, du Grand Orient du Portugal et du Grand Orient de France a pu rencontrer le Président de la Commission Européenne, José-Manuel Barroso, le 8 avril dernier. [5] Une rencontre qualifiée dans un communiqué de presse de la Fédération Française du Droit Humain comme étant « un événement majeur quant à la place de la Maçonnerie dans la construction de l’Europe ».


Mettant de coté le compas et l’équerre, outils du Grand Architecte de l’Univers (appelé Grand Architecte de la Matrice dans la fameuse trilogie de Matrix), les francs-maçons de ce dernier rassemblement ont délaissé pendant quelque temps leurs rituels grottesques (adjectif issu de « grotte » et non un « t » dédoublé de « grotesque ») pour apparaître, pendant les quelques réunions rendues publiques et accessibles aux journalistes lors de cette occasion, comme dans une sorte de séminaire ou des orateurs assis à une grande table s’adressent à un public attentif comme dans une conférence de l’une des commissions des Nations Unis. Pendant ces « séances de travail » publiques, il a été question de traiter des sujets classiques d’actualité comme les problèmes climatiques, l’immigration, la lutte contre la pauvreté, l’importance de la laïcité dans les programmes scolaires comme « seul moyen de lutte contre les discriminations religieuses »… des thèmes par lesquels on est martelé tous les jours. On se demanderait même sur la transparence qu’ils disent apporter, en reprenant les mêmes discours de langue de bois qui nous entourent de partout, dans leurs réunions publiques ? Bien entendu, à l’occasion de ce rassemblement, on n’a quand même pas rompu avec la sainte tradition du « secret », c’est pourquoi il y avait aussi eu des « séances de travail » à huis clos qui ont tout naturellement réanimé les bonnes vieilles questions habituelles, comme « s’il s’agit en franc-maçonnerie de débats libres, enrichissants et constructifs, pourquoi les gens (en faveur desquels elle prétend penser et planifier d’agir) n’ont il pas le droit d’assister à ces échanges d’idées tellement bénéfiques pour l’humanité ? ». "Secret de fabrication" peut etre, pour reprendre les termes du candidat Sarkozy interrogé, à la sortie du débat avec Ségolène Royal, sur la manière de laquelle il avait préparé "ce grand rendez vous"...


Notons dernièrement que José-Manuel Barroso, qui était présent lors de ces "journées euro-mondio-maçonniques", a « salué » en tous ceux qui ont répondu présent à ce grand appel de rassemblement international, la servitude qu’ils ont exprimée à l’égard des « valeurs européennes ». Un « salut » qui passa inaperçu, sans susciter de commentaires… On croirait volontiers que Barroso n’a pas bien compris que la morale à travers ce rassemblement est que la construction de l’Europe est un moyen pour construire le « Monde » et non une fin en soi.


L’intelligence maçonnique a évolué, et de nos jours elle essai de se montrer capable de capter et d’incorporer dans sa mouvance les idées révolutionnaires qui naissent en dehors de son système clos, comme l’idée de « citoyenneté active » qu’elle est vraisemblablement en train de s’approprier et d’intégrer dans sa vision stratégique des choses, consciente que les idées révolutionnaires sont plus rentables quand elles sont confiées à des élites qui les imprègnent de leur supériorité sociale et intellectuelle pour leur donner l’aspect d’une autorité morale suprême et le prodige d’amener les peuples à s’investir passionnellement dans des révolutions dont ils se croient être les propres créateurs, et ensuite les uniques propriétaires. Cependant, ce gradient de concentration élitiste selon lequel circulent les idées dans une société est en train de devenir de plus en plus fragile, car de partout naissent de simples citoyens qui osent non seulement transgresser cette fameuse tradition à s’identifier à la pensée des élites, unique dans son pluralisme le plus trompeur, puis de la revendiquer en toute force et ferveur comme si elle était originellement la leur, mais osent aussi faire propager la contagion d’une rage de penser un monde ou l’autorité élitiste sur l’esprit des gens serait moins abusive de leur bonne foi, plus humaine et plus libératrice, dans le sens anéconomique et apolitique du terme. En d’autres termes fonder un monde dans lequel « Le véritable progrès démocratique n’est pas d’abaisser l’élite au niveau de la foule, mais d’élever la foule vers l’élite », comme le disait Gustave Le Bon. On peut être humaniste, philanthrope, laïque, adogmatique, sans pour autant être nécessairement franc-maçon. Loin de là, les vrais débats philosophiques ne sont pas ceux qui se font entre élites « clairvoyantes » dans des tours d’ivoires, réfléchissant sur les discours les plus socialement acceptables pour faire imposer les changements qu’ils comptent opérer sur le monde. C’est plutôt ceux qui se font entre les élites et leurs simples concitoyens. Car là, se manifeste vraiment la force d’aller à l’encontre des préjugés paralysant l’évolution d’une société. Un préjugé se côtoie dans la rue. On l’appréhende alors qu’il continue, tout en implosant sur lui-même comme une étoile mourante, à s’agiter dans l’esprit qui le porte, et non comme étant un échantillon socioculturel formolé destiné à être l’objet d’analyses élito-élitistes dans des laboratoires maçonniques suspendus entre le temps et l’espace, entre ceux qui ont du pouvoir et en abusent, ceux qui ont du pouvoir sans être capable d’en abuser, et ceux qui n’ont aucun pouvoir même pas sur eux-mêmes.


Car comme l’avait dit Kennedy, dix jours seulement avant son assassinant, « Le mot « secret » est en lui-même répugnant dans une société dite libre et ouverte. Et en tant que peuple, par nature et historiquement, nous nous opposons aux sociétés secrètes, aux serments secrets et aux procédures secrètes »
   [6] .

 


JFK - 10 jours avant son assassinat-Discours traduit


Ces paroles de Kennedy ont toute légitimité à traverser les années et atterrir dans notre époque actuelle, ou la mondialisation semble avoir poussé cette ouverture jusqu’à son paroxysme. La franc-maçonnerie peut être vue comme étant en fondamentale contradiction avec elle-même. Ce qu’elle dit, l’ouverture qu’elle prône, ainsi que l’abolissement de frontières qu’elle préconise, est d’une contradiction flagrante, absurde et voire scandaleuse, avec ce qu’elle est et ce qu’elle a l’intention de rester, c’est-à-dire fermée, continuant à élever autour d’elle des frontières de secret, d’une part en ce qui concerne le contenu de ses réunions internes, et d’autre part en ce qui concerne l’opacité qui s’interpose entre ses propres grands niveaux hiérarchiques, de telle façon que les gradés d’un niveau hiérarchique donné soient –intégralement ou partiellement- isolés de leurs « supérieurs » appartenant à des niveaux encore plus importants. Et tant que cette contradiction, que les artistes du langage peinent à dessiner comme étant « le mystère qui fait l’attractivité de l’art », sera préservée et même protégée, tant que toutes ces « opérations de com’ » ne réussiront jamais à rendre son discours et même sa raison d’être crédibles ni dignes de confiances, et ce même si son « humanisme » demeurera toujours le parc d’attraction préféré des élites en quête d’oratoires et de mystères qui leur élèvent l’ego à un rang plus supérieur que celui de la petite populace, là ou ils peuvent tout voir, sans jamais risquer d’être vus… Ou plutôt c’est ce qu’ils aiment croire.
Ah qu’il est merveilleux le désert égyptien vu depuis le sommet du Kheops !

 

Par L'Oracle
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Vendredi 27 juin 2008

Note : Quand j’ai eu l’idée de créer ce blog je n’avais pas du tout en tête l’idée d’en faire un espace exclusivement réservé au traitement des sujets relatifs à la franc maçonnerie, et il ne le sera pas d’ailleurs. Il se trouve tout simplement que le jour de sa création coïncidait avec la fin du Deuxième Rassemblement Maçonnique International d’Athènes. Et comme j’ai personnellement horreur des grands rassemblements de personnes, et surtout ceux dans lesquels figurent des personnalités réputées, qui ne sont pas couverts par les mass médias, j’y ai tout simplement réservé le premier article. 


Je reviens rapidement à la notion du « secret » à laquelle les francs maçons sont allergiques par nature, d’ailleurs ils ne manquent pas une occasion de le manifester. Et j’espère, au passage, que paraître critique à l’égard de la franc maçonnerie ne m’amènerait pas à être systématiquement indexé d’ « antimaçonnique ». Le préfixe « anti » comporte effectivement en lui-même le sens de « refuser à un autrui différent le droit d’exister pour le motif qu’il est cette « quelque chose » là qu’on est justement contre », ce qui n’est pas le cas de l’auteur de ces lignes, qui n’a aucune autorité pour décider du droit de quelqu’un à exister ou non. D’une autre part, j’ai toujours considéré que quand, lors d’un débat quelconque, on se précipite à indexer quelqu’un d’être l’ « anti » de ce qu’on est, c’est toujours un symptôme de faiblesse exprimé par celui qui, à court d’argument, cherche à jeter sur son interlocuteur des accusations à connotation morale et passionnelle afin de faire sortir le débat d’un débat de raison à un conflit de passions. Peut être pour éviter de mettre à découvert les zones de faiblesse de ses arguments.  

 

Ce qu’il faut noter c’est que les francs maçons ne craignent pas la qualification de « société secrète » (qu’elle soit juste ou injuste ce n’est pas cela qui importe) autant qu’ils craignent plutôt l’impression péjorative qui en découle chez l’auditeur. Car le « secret » a toujours été associé dans le subconscient collectif des masses au « danger ». Dans une classe du collège, un élève a horreur que ses camarades discutent de quelque chose sans l’inclure dans leur cercle de discussion, et c’est un réflexe d’adaptation et de survie tout à fait naturel à l’homme que d’imaginer en premier lieu que quand ses semblables le tiennent à l’écart c’est plutôt parce qu’ils essaient de lui tenter un mauvais coup. Ceci lui permet en quelque sorte d’anticiper psychologiquement un possible danger et de s’y préparer, et ce quelles que soient les assurances qu’autrui puisse lui apporter. La nature humaine est ainsi faite, et ce n’est pas les acrobaties du langage qui vont la changer.

 

Alors en franc maçonnerie on préfère utiliser l’adjectif « discrète », qui a une sonorité psychologique beaucoup moins négative et qui –théoriquement- ne suscite pas la méfiance que pourrait susciter l’adjectif « secrète ». Le choix de la qualification à utiliser pour véhiculer au public l’image souhaitée par les francs maçons sur leur propre cuisine est loin d’être motivé par un souci innocent de véracité. La correspondance entre « discrète » ou « secrète » d’une part et la réalité de la franc maçonnerie d’autre part n’est pas ce qui importe en premier lieu aux yeux de la franc maçonnerie elle-même. La priorité est plutôt de véhiculer une image saine et bien soignée sur un mouvement inconnu, donc source de méfiance et de soupçon, et il est très difficile que la franc maçonnerie puisse un jour faire de sa vérité une priorité sur sa crédibilité et sa réputation.

 

Prenons une référence objective et commune à tous en terme de linguistique élémentaire : Larousse, et signalons au passage que les mots « secret » et « discret » ne figurent pas dans le rang des concepts complexes qui, comme « liberté », « être », « égalité », « justice » ou « fraternité », peuvent être définis d’une manière contestable, ce qui est tout à fait normal vu que des philosophies entières ont cherché à travers les siècles de donner des définitions à ces mots là sans jamais en trouver une qui peut être le sujet d’un accord unanime. On peut donc se référencer légitimement à Larousse dans le cas de ces deux mots parce qu’il n’y est d’autre « arbitre » qui puisse avoir la neutralité et l’autorité d’un dictionnaire, dans ce cas précis.

 

Larousse définit l’adjectif « discret » comme suit :

 

1. Qui fait attention à ne pas gêner, qui ne s'impose pas ; réservé dans ses paroles et ses actions.
2. Qui est fait de façon à n'être pas remarqué. Un petit clin d'œil discret.
 Qui n'attire pas l'attention, sobre. Toilette discrète.
3. Qui sait garder un secret.
4. a. Math. et Phys. Se dit d'une grandeur constituée d'unités distinctes (par opp. aux grandeurs continues), d'une variation procédant par quantités entières.
b. Inform. Numérique.
5. Ling. Se dit d'une unité faisant partie d'un système et qui peut être isolée, délimitée par l'analyse.

 

La franc maçonnerie aime se revendiquer comme étant un atelier philosophique, une modeste tentative dans le champs de la philosophie du langage serait donc –quoi qu’elle puisse paraître ridicule- la bienvenue. Plongeons au cœur des définitions proposées par Larousse au mot « discret » et posons à chaque fois la question « est ce dans ce sens là du mot il pourrait y avoir un lien corrélatif entre franc maçonnerie et l’adjectif « discrète » ? »:

 

 

         Nb : on note que seules les trois premières définitions du mot peuvent être prises en compte.

 

         1. Qui fait attention à ne pas gêner, qui ne s'impose pas ; réservé dans ses paroles et ses actions. ----> Une franc maçonnerie « discrète » impliquerait alors une franc maçonnerie qui :

          i-« fait attention à ne pas gêner » : l’attribution d’un tel caractère est dénudée de bon sens, car comme on le sait tous la franc maçonnerie se présente comme une école « humaniste », donc si l’on admet cette définition que la franc maçonnerie s’attribue par elle-même, on se trouve dans la nécessité logique d’écarter ce premier élément de la    définition (1), car, dans un absolu théorique, on voit mal comment un mouvement aussi  bienfaisant peut être « gênant ». Il n’y a donc pas de motif pour que l’on fasse « attention à ne pas gêner ».

         

          ii-« qui ne s’impose pas » : là aussi cet élément de la définition (1) est à coté de la plaque, car la franc maçonnerie s’est imposé à travers une bonne partie de l’histoire, il n’y a qu’à prendre la révolution française comme exemple. Si l’on veut être plus dans le cœur de l’actualité, on voit mal comment on ne pourrait pas « s’imposer » quand on cherche à être valorisé au plus haut niveau européen. D’une façon ou d’une autre, la franc maçonnerie s’impose, c’est une réalité.

 

          iii-« réservé dans ses paroles et ses actions » : la franc maçonnerie ne connaît la réserve ni dans ses paroles ni dans ses actions. Dire « la franc maçonnerie s’impose », comme on l’avait déjà établi, implique qu’ « être réservée » est mis de coté. Parce que pour s’imposer, il faut oser, et pour oser il ne faut surtout pas avoir le goût de la réserve.  

 

Première conclusion élémentaire : l’adjectif « discrète » ne peut être appréhendé dans ce sens là, dans le cas de la franc maçonnerie.

 

         2. « Qui est fait de façon à n'être pas remarqué/Qui n'attire pas l'attention »

          La franc maçonnerie est loin de passer sans attirer l’attention et sans se faire remarquer.  A voir les polémiques qu’elle suscite il est clair que dans ce sens là l’adjectif  « discrète » est loin de lui correspondre.

 

Deuxième conclusion élémentaire : l’adjectif « discrète » ne peut être appréhendé dans ce sens là, dans le cas de la franc maçonnerie.

 

A ce stade de notre analyse, la franc maçonnerie est dans un état que je ne lui envie pas. Car elle veut se faire attribuer une qualification dont le capital de définitions est réduit à trois possibilités, et là on vient d’en épuiser logiquement les deux premières. Il est donc possible de dire que si la franc maçonnerie tient vraiment à être qualifiée de « discrète », elle doit choisir l’une de ces deux solutions :

 

1-     S’attacher de toutes ses forces à la dernière définition du mot, qui stipule que « discret » est l’équivalent de « Qui sait garder un secret. », et accepter par conséquent de cohabiter avec son plus horrible cauchemar, celui qui lui attribue un caractère secret imputable.

 

2-     Soit, ce qui serait assez ridicule et drôle mais aussi tout à fait envisageable, demander pendant l’une des réunions « discrètes » l’aide d’un linguiste franc maçon qui participe chaque année à la mise à jour de Larousse (il y en a dans tous les domaines, je ne crois pas qu’ils ne peuvent pas en trouver un qui est linguiste), de rectifier la définition de l’adjectif « discret » de telle façon qu’on trouve au mot une définition à la mesure de l’hypersensibilité de la maçonnerie au mot « secret ».

 

Conclusion finale : Dire que la franc maçonnerie est une société « discrète », c’est dire que c’est une société qui a un secret à garder et qui sait le garder.

 

Maintenant dire que la franc maçonnerie « a » un secret ou « est » un secret est la même chose, vu qu’avoir un secret c’est être en partie un secret pour les autres.

 

Voilà une bonne définition du mot « discret » que nous sert Larousse et qui serait un bon compromis entre les « discrétophiles » et les « secrétophiles ». De toute façon ce n’est pas ça le problème. Le problème c’est quand on a quelque chose à cacher aux gens ce n’est jamais et ce ne sera jamais un bon signe. Et puis dire que « n’importe qui, ou presque (admirez bien le « presque »), peut faire partie de la franc maçonnerie » ce n’est vraiment pas ce que l’on peut appeler un « argument », car on peut aussi poser sa candidature pour travailler avec la CIA mais on est ensuite obligé « de la boucler ». (Oups j’ai choisi un mauvais exemple vu que la CIA est un service « secret » et non « discret ») « Pouvoir faire partie de la franc maçonnerie » ne lève en aucun cas l’ambiguïté qui l’entoure, pour ceux qui n’y appartiennent pas et ne veulent pas y appartenir. Même les partis politiques qui se disputent le pouvoir font leurs congrès en publique et non en toute « discrétion »…

 

Mais bon, après tout, c’est après la révélation que vient la menace du silence…


  Références: "Le mot discret pour les nuls"

Par L'Oracle
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